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Les poèmes de Blanche Maynadier

A l’école des champs

23 Août 2009 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

Dans ce poème, Blanche annonçait et décrivait toute l'entreprise de L'école des champs son premier livre autobiographique, vrai roman d'aventure dont l'héroine est une petite fille héroïque sans le savoir qui construit sa force d'âme et sa créativité face à l'adversité. C'est aussi la peinture toute en subtilité d'un homme hors du commun, paysan jurassien, du début du XXème siècle mais aussi intellectuel et original, son père Georges Lavrut; cette peinture de la france rurale des années 1920-1930 est aussi un extraordinaire témoignage comme pris sur le vif et dépeint avec tout le talent d'un poète écrivain.  ( Ci-contre Blanche en 1931)

A l’école des champs ,mon maître  était mon père

Et nous parlions alors le patois de Molay

Beaucoup plus couramment que le savant français

Qui semblait déplacé chez les gens de la terre.

 

A l’âge de trois ans, ma mère étant au ciel ;

Je changeai pour un temps et de vie et de ferme…

A son veuvage un jour mon père mit un terme.

Ma nouvelle maman nous rendait le soleil.

 

La famille grandit ainsi que la maison

Les veaux et les enfants, les champs, et les machines

Venaient s’additionner sous bonnes disciplines

Et de  nouveaux travaux s’offraient chaque saison.

 

A l’école des champs, je m’instruisais de tout,

Voyais naître ou mourir les bêtes et les plantes,

Connaissais les oiseaux et les fleurs odorantes.

De bonne heure j’ai su, qu’un poulain «  vaut des sous ».

 

Jusqu’à mes quatorze ans je vécus en garçon,

Poussant dans la nature un peu comme une plante,

N’écoutant que mon père en fille obéissante,

Je ne regardais pas plus loin que l’horizon.

 

Pour cultiver chez nous, j’étais à bonne école

Mais le destin veillait, un jour, tout s’assombrit,

Mon père nous quitta… je partis pour Paris,

Emportant avec moi. mon savoir agricole…

 

Avec mon bel accent et mon joli patois ,

Je n’osais pas parler dans cette immense ville.

Tout ce que je savais, devenait inutile.

L’accueil des parisiens fut longtemps discourtois

 

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Danielle 23/08/2009 16:03

Quel magnifique poème, cette petite fille qui forge son caractère face à une enfance difficile, instruite "à l'école des champs" une vie rude mais tellement riche, des connaissances irremplaçables : les animaux, les plantes, la nature ... les vraies richesses de la vie. C'est superbe et émouvant. Bisous. Danielle