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Les poèmes de Blanche Maynadier

Articles récents

Maison à vendre

27 Avril 2017 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette vieille maison avec ses colombages

Où jadis l’on voyait piaffer les attelages,

S’endort tout doucement, portes et volets clos ;

Ses derniers occupants sont au champ du repos …

 

Les fleurs et les oiseaux donnent un peu de vie

A cette ancienne ferme encore si jolie.

Les arbres, les buissons s’étirent de plaisir

Et l’herbe en liberté pousse tout à loisir.

 

La chaîne du vieux puits n’est qu’un cordon de rouille

Debout sur la margelle un roitelet gazouille.

Les poules, les canards, les coqs et les dindons

Eux aussi sont partis, comme chiens et moutons.

 

C’est une maison morte, ici tout est à vendre,

Elle sera demain à qui voudra la prendre…

Avec son grand jardin finissant en verger

Elle devrait séduire et se voir adjuger.

 

Dans l’ensemble je crois qu’elle aura fière allure

Quand sera réparé, ce trou, dans la toiture !

Il faudra de l’amour, beaucoup plus que d’argent ? …

Pour qu’ici tout revive aussi plaisant qu’avant.

 

Blanche Maynadier

 

 

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Le dernier des métiers

1 Avril 2017 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

                      

A quoi sert un poète, il faudrait me le dire,
Mais prendrez-vous le temps, seulement de me lire ?
Poète est, je le sais, le dernier des métiers
Ces travaux de l’esprit sont les plus mal payés !
 
Il se laisse emporter dans un tout autre monde
Une douce chaleur le frôle comme une onde
Un jour il se sent triste, il est là, sans ami,
Il commence une lettre et voilà pris le pli.
 
Il raconte sa vie ; il invente une histoire
Et puis cherche un lecteur à défaut d’auditoire
Il revit un voyage, en rêve, le poursuit,
Il cherche un doux visage, entrevu dans la nuit…
 
Il offre un peu de soi, pour essayer de plaire,
Et cette mise à nu n’attend pas de salaire.
Poète est, je le dis, « le plus fichu métier »
Mais il me plaît d’écrire, à quoi bon le nier…
 
Jalousie et mépris, parfois nés de l’envie
Jalonneront ma route et gâcheront ma vie.
Un sourire, un conseil, un encouragement
Me trouveront toujours en plein contentement.
 
Blanche Maynadier
 
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Le chant de mon ruisseau

18 Février 2017 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

 
  


 

 

Entendez-vous là-bas le murmure de l’eau ?

Ce léger clapotis, c’est la voix du ruisseau

Qui passe en mon jardin et court vers la rivière,

Pour moi c’est un trésor un rien dont je suis fière.

 

Il danse sur mes mains ou caresse mes pieds,

Il arrose mes fleurs et mes deux peupliers,

Donne à boire au gazon ainsi qu’à ma colombe

Et se teinte d’argent à l’heure où la nuit tombe.

 

Je l’entends nuit et jour sans jamais me lasser.

C’est comme un chant d’oiseau rien ne peut l’arrêter.

Quand je suis près de lui mon esprit vagabonde,

Mes soucis, mes regrets, s’en vont au fil de l’onde.

 

Le murmure de l’eau c’est le bruit du bonheur

Qui monte de la terre et nous laisse rêveur ?

Il me parle et m’enchante, il respire la vie !

Et je crois qu’il comprend que je suis son amie.

 

Mais son joyeux refrain change parfois de ton,

Cela dépend du temps et puis de la saison.

Il s’enfle sous l’orage et gronde de colère ;

Je l’ai vu sous la glace un jour d’hiver se taire !

 

Il était triste à voir sans vie et prisonnier.

On l’aurait même pris pour un petit sentier.

Aujourd’hui c’est l’été, la nature est en fête.

Il veut que près de lui chacun de nous s’arrête.

 

 

 

Blanche Maynadier

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L'Autiste bienheureux (Sonnet)

2 Février 2017 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

                        

                                        

 

 

Oh! toi, qui sans relâche aime à peindre des roses

T’imaginant déjà vivant au paradis,

Ne jette aucun regard sur notre monde gris

Où tous nos plus beaux jours te sembleraient moroses.

 

Si le temps vient parfois changer le cours des choses,

Encore trop d’humains cultivent le mépris.

Bien qu’étant sur la terre, aux anges tu souris,

Remplissant  sagement l’instant dont tu disposes.

 

 

Te voilà bienheureux, sans souci, sans tracas

Et l’on vient de partout pour étudier ton cas …

On t’admire à présent, juste est la récompense.

 

Jamais l’on ne saura les secrets de ton cœur

Ce lieu, c’est ton refuge et ta joie est immense,

Tu ne vois plus ton mal et tu vis en couleur.

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L' ARBRE QUI PLEURE ou Fontaine moussue

24 Décembre 2016 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

Un article du Journal de Salon :  

Un poème en l’honneur de la fontaine Moussue

La fontaine Moussue est depuis longtemps le témoin de l’histoire salonaise. C’est aussi l’un des monuments les plus prisés des touristes, à l’exemple de Blanche Maynadier. Séduite par la fontaine elle en fait le portrait, en vers, que   nous publions aujourd’hui.

 

C’est sous le soleil du Midi

Que l’on peut voir l’arbre qui pleure ;

Mais ses larmes ne sont qu’un leurre,

Il est tranquille et sans souci.

 

Il vit à Salon de Provence.

C’est maintenant un objet d’art

Que l’on aime au premier regard

Et qui séduit par sa prestance.

 

Il sait tout de Nostradamus :

Ils sont tous deux en bonne place

Et leurs attraits restent vivaces.

On peut les voir sur prospectus !

 

De loin sa forme nous étonne.

Il ne vient pas d’une forêt ;

Placide et toujours guilleret,

A son refrain, il s’abandonne.

 

Aussi beau le jour que le soir,

Bien que son cœur reste de pierre,

De sa verdeur, la ville est fière,

Et par plaisir on vient le voir.

 

Ce bel arbre est une fontaine

Qui s’épanche dans un bassin.

La nature en fit le dessin

Dans sa fantaisie souveraine

 

Blanche  Maynadier

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L’amour, c’est comme un papillon

30 Novembre 2016 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

 

Quand on sait que l’amour ignore la raison,

Qu’il court aveuglément où le plaisir l’appelle,

Il faut le regarder comme un beau papillon

Qui se pose en passant sur chaque fleur nouvelle.

 

Il faut en profiter toujours autant de pris !

C’est comme le soleil qui passe et vous caresse,

Il ne faut pas vouloir le garder à tout prix ;

Ce serait désastreux d’agir par maladresse.

 

Quand l’amour nous sourit on sent battre son cœur

Et bien que cet état soit souvent éphémère,

Il faut vivre ardemment cet instant de bonheur ;

Et s’il s’en va plus loin, ne rien dire ni faire …

 

Il ne faut pas pleurer, supplier, s’accrocher,

Un autre papillon vous ôtera du doute !

S’il vous voit souriante et belle à regarder,

Il se peut que vers vous, il se pose à l’écoute.

 

Sur la terre il y a bien plus de mille fleurs

Qui se contenteraient d’un amour de passage.

Pour plaire il faut séduire et bien cacher ses pleurs ;

Quand la fleur est fanée, adieu libertinage.

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La voix du torrent

27 Octobre 2016 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

Blanche s'est aussi essayée à la prose ... En témoigne cette Voix du torrent....

     Une nappe bleutée et mousseuse tombe d’un rocher à pic dans une vallée profonde entourée par les arbres d’une forêt, elle est comme amortie par de la poussière d’eau qui semble flotter dans l’air. Le bruit clair de l’eau se mêle au silence du lac qui reçoit cet apport vivant sans cesse renouvelée.

     La voix solennelle fait partie du paysage, elle chante entre les blocs écroulés qui hérissent le bord escarpé du lit ou elle tombe toute nue. Ce bienfait de la nature nous enivre d’un charme de fraîcheur et de rêverie indéfinissable. La forêt en paraît plus sombre, le sol est recouvert de mousses soyeuses, des fougères échevelées nous donnent des visions indécises et vaporeuses qui nous transportent dans des rêves évanouis.

    On voudrait peindre tant de beauté, mais comment un simple pinceau pourrait il recueillir cette eau poudreuse qui prend parfois les couleurs de l’arc en ciel sous les doux rayons du soleil. Seule une fée pourrait reproduire cette magie en soufflant sur la toile. Tout ne semble que rêve et beauté.

     Le bruit de l’eau c’est le bruit du bonheur qui jamais ne s’arrête et pourtant, il est toujours différent, la cascade se faufile dans les fissures de la roche, elle saute de pierre en pierre, elle poursuit sa course et enfin elle arrive en terrain plat, bouillonne, frémit et se tait, mais de là-haut, sans discontinuer, une force la pousse à se jeter dans le vide en poussant des cris d’effroi ou de joie.  

     La voix du torrent n’est jamais la même, elle change sous le vent et la pluie, le gel ne la fait pas se taire, elle court plus vite que lui et même en hiver le torrent bouillonne et éclabousse, il besoin de courir et de se faire entendre. On ne sait d’où il vient, on ne sait où il va. Bien sûr un jour il finira sans doute dans la mer, sa voix aura une autre mélodie.

    Sa voix n’est que musique ; s’il pouvait parler, il en aurait à raconter. Mais il n’a pas besoin de parole pour nous charmer, au contraire, on l’aime parce que finalement, près de lui, on recherche le calme et la solitude. Son doux chant nous séduit. Que demander de plus?

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LA ROSE DE PICASSO

28 Septembre 2016 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

LA ROSE DE PICASSO

L'histoire parait incroyable mais elle est rigoureusement authentique ; à la fin des années Cinquante, Picasso dont ce n'était pas l'habitude fut touché par une lettre envoyée par Blanche et il lui envoya cette Rose (pour l'anniversaire de sa mère - décédée de longue date) La Rose de Picasso fut longtemps punaisée dans notre salon,... Sa vente dans les années soxante dix, à un collectionneur américain, (par l'intermédiare de Maurice Reims) permit à ma mère de publier une édition à compte d'auteur de MESSIDOR, qui contribua à la faire connaître, ainsi qu'à obtenir de nombreux prix... Le collectionneur fit certainement une bonne affaire la valeur de l'objet ayant été depuis multiplié par plus de dix... mais pour ma mère ce qui comptait c'était le geste de Picasso, et l'encouragement qu'il lui donna...La vente lui permit le coup de pouce décisif vers la publication et la reconnaissance.... Je réalise aujourdhui, qu'elle avait sans doute su trouver les mots pour parler de sa mère, avec une sincérité et une émotion telle qu'on ne pouvait y résister ( sans dire ni son âge, - elle se présentait en petite fille, ni que sa mère était décédée) Toute cette histoire est racontée dans le troisième volume de son autobiographie LE TEMPS D'ECRIRE Ci dessous, un poème écrit bien plus tard

LA ROSE DE PICASSO

Alors que j’ignorais comment vivre ma vie,

Je suis tout simplement entrée en poésie.

Quand j’ai goûté le chant des beaux alexandrins,

Je n’ai plus voulu qu’eux pour « mètre » en mes refrains.

A mes débuts j’étais un très mauvais poète.

J’alignais sans répit les mots de tous les jours

Qui pleuraient qui dansaient dans mon cœur et ma tête !

Mais les gens se riaient de tous mes beaux discours.

Un jour de désespoir, voulant forcer la chance,

J’envoyais un poème à Pablo Picasso…

Mes vers devaient avoir assez riche éloquence

Puisque pour me répondre il a pris son pinceau.

Ce peintre de génie aimait ma poésie !

Il me fit parvenir un précieux cadeau :

Une rose carmin toujours épanouie,

Et qu’il signa pour moi, du nom de Picasso.

Il me rendait la joie, et je repris courage…

Je tenais dans mes mains un merveilleux pouvoir,

Je ne me soucierais plus de mon entourage.

Pour trouver le bonheur, je saurai le vouloir !

Je parlerais en vers, je me ferais poète.

Depuis dans ma maison le bonheur a fleuri…

Ecrire est un plaisir, ma vie est une fête !

Je dois tout à ce peintre et je lui dis : «Merci ».

Blanche Maynadier

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La vierge de Chaussin

30 Août 2016 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

La vierge de Chaussin

C’est dans un coin de paradis

Près de Chaussin dans le Jura

Qu’une dame parle à Marie.

Chaque mois peu après minuit

Une foule se presse là

Dans un enclos près d’un étang.

C’est là qu’une femme à genoux

Avec la vierge a rendez-vous

Dans la nuit sombre elles se parlent.

Nous les curieux ne voyons rien

Les yeux fixés sur la voyante

Qui dans l’ extase est rayonnante.

Quand cesse enfin l’apparition

La femme sort de léthargie

Et se relève en chancelant.

Quel est le pouvoir ou le don

Qu’a cette femme si modeste,

D’être la seule à voir la vierge ?

Pour les croyants pour les curieux

L’illusion ou la vérité

Rendent ce lieux mystérieux.

1-9-2001

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Le petit renard

10 Juillet 2016 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

Le petit renard

Un conte pour enfant de Blanche Maynadier, inédit, extrait de L'Ecole des Bêtes, un recueil à paraître "Collection Le Parc"

LE PETIT RENARD

Un renardeau, caché dans la luzerne et le sainfoin, attend sa maman depuis le grand matin. Il reste seul avec sa faim. Il n’ose pas bouger. Sa mère, partie avant le jour, lui a fait la promesse de revenir bientôt avec un bon repas. Elle avait repéré la veille une ferme isolée, tout près d’un petit bois.

Elle savait que vivaient là, presque en liberté, des poulets bien dodus, des canards, des oies, des pintades, de gros dindons. Puis tout à côté dans des cages assez rustiques et délabrées, il y avait aussi des lapins, qu’il devait être facile de saisir.

Elle espérait que sans trop de difficulté, elle pourrait ramener pour elle et son petit quelques bonnes choses à manger. Ils jeûnaient tous les deux depuis près d’une semaine.

En cette période de chasse, il n’y a plus ni rats, ni mulots ; tout le petit gibier a disparu, effrayé par les coups de feu.

Le museau dans le foin, le beau petit renard attend sagement sa maman, qui avant de partir lui a fait la leçon. Il ne doit en aucun cas, sortir de sa cachette, il doit attendre son retour. Mais le temps passe, le soleil, là-haut, lui dit qu’il est midi. Il a chaud, il a soif. Il grignote, pour passer le temps, quelques brins d’herbe, il joue avec les papillons et les moucherons qui tournent autour de lui.

Par moment il s’étire ou somnole, sa position n’est pas confortable. Il reste là le plus souvent tapi, et ses membres s’engourdissent…Il sommeille.

Soudain au loin un coup de feu le sort de l’indolence. Il ne respire plus et se fait encore plus petit. Encore des coups de feu ! Puis des aboiements de chiens furieux. Enfin le silence revient, mais pas sa mère.

Le temps lui semble long. Pourquoi sa maman ne revient-elle pas ? Que peut-elle faire ?…

La nuit s’annonce tout doucement et redouble sa peur. Sa mère aurait-elle suivi ce gros renard si méchant qui semblait vouloir lui faire la cour ?

Par hasard, serait-elle partie en l’oubliant ?…Il ne sait que penser.

Soudain, il se montre très attentif : il lui semble entendre un léger bruissement dans les hautes herbes, puis comme une plainte.

N’en pouvant plus, il se dresse sur ces pattes. Oui, c’est sa maman qui revient vers lui. Il fait presque nuit à présent, il la voit marcher péniblement et pense qu’elle rapporte une belle et lourde volaille, il imagine déjà le bon repas qu’il va pouvoir faire.

D’un bond il est vers sa mère, mais hélas ! Elle ne rapporte aucune nourriture. Elle se traîne péniblement : son corps est couvert de blessures. Ce sont les chiens des chasseurs qui l’ont cruellement mordue. Elle est très mal en point et souffre atrocement.

Le petit renard oublie sa faim : il ne pense plus qu’à sa mère en danger. Ils se dirigent tous deux en direction de leur terrier, enfin, ils sont chez eux.

La renarde épuisée se couche en rond incapable de faire un mouvement. Son enfant ne pense plus à rien d’autre qu’à elle, il s’approche et tout doucement lui lèche ses blessures, comme s’il voulait y déposer un baume pour soulager sa mère.

La lune se dévoile, au loin sonne minuit. Ils sont là tous les deux serrés l’un contre l’autre, ils ne pensent qu’au repos : ils oublient la peur et la faim.

Laissons-les dormir en paix, quittons-les sur la pointe des pieds et plaignons ces mangeurs de poules. Pour une fois, soyons humains et du fond du cœur souhaitons leur une bonne nuit.

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