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Les poèmes de Blanche Maynadier

Articles récents

Vincent, Gauguin, Cézanne

13 Novembre 2017 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

                                      

 

 

 

Vincent, Gauguin, Cézanne, amis tous incompris,

Le temps votre allié, fait augmenter vos prix,

Maintenant l’on vous voit, dans tous les grands musées,

Aux places qui jadis vous étaient refusées

 

De  New-York à Tokyo, d’Amsterdam à Paris

On s’arrache à prix d’or vos toiles, vos croquis.

Vous êtes reconnus. Vous fréquentez la gloire !

Mais vos jours de cafard restent dans ma mémoire …

 

Combien de beaux tableaux, nous auriez-vous donnés,

Si de votre vivant l’on vous avait aimés ?

Avant tes quarante ans, pour fuir l’indifférence

Van Gogh tu nous quittais plein de désespérance…

 

On te voyait petit, toi, qui te voulais grand,

En ton âme d’artiste habitait un géant…

Quelquefois de là-haut, regardes-tu la terre ?

Tu serais bien surpris à chaque folle enchère !

 

A ton ami Tanguy qui t’offrait des couleurs

Donne de notre part un gros bouquet de fleurs

A ta belle arlésienne, une rose trémière ;

Moi, j’offre à ta mémoire un pied de cinéraire.

 

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Les fleurs de vigne

10 Octobre 2017 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

 

 

Je veux chanter les  fleurs de vigne,

Dont le charme reste discret.

Chacune d’elles se résigne

A s’épanouir en secret.

 

C’est grâce à cette modestie

Que nul ne pense à les cueillir.

On les ignore en poésie 

Car on ne les voit pas fleurir !

 

Elles dansent dans la lumière,

Au souffle caressant du vent

Et puis, retombent en poussière,

Parfumant l’air discrètement.

 

Si Dieu ne les fit pas jolies,

Comme la rose et le lilas,

C’est bien pour qu’elles fructifient

Et que le vin ne manque pas.

 

Blanche Maynadier

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LES COULEURS DE LA VIE

12 Septembre 2017 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

Cette photo du grand photographe, Wladimir Bazan qui réalisa une série de Portraits exceptionnels de Larissa Andersen chez elle à Monchot près d'Yssingeaux, à l'occasion du centenaire de la grande poétesse, me permet de réunir Larissa et Blanche Maynadier dans un même hommage...Comme, elles se seraient appréciées l'une l'autre, c'est une chose dont je suis sûr...Ce poème de l'une sur le temps qui efface tout (sauf les écrits) et cette photographie de l'autre, me semblent former en ces jours d'automnes une belle harmonie......Au moment ou la collection le Parc publie pour la première fois en français les textes de la poétesse russe.

 

 

 

 

 

La saison des blés d’or est à jamais passée,

Plus de coquelicot sur ta bouche ridée,

Et personne pour lire en tes grands yeux lilas,

Seule sur le chemin, tu t’en vas d’un pas las.

 

L’automne est à ta porte en mantelet de suie,

Et tes roses carmin se fanent sous la pluie.

Pour faire une visite à l’époux qui t’attend,

Tu mets ton fichu gris sur tes cheveux d’argent.

 

Tu vas chaque dimanche en ce vieux cimetière,

Lui porter une fleur et faire une prière.

Tout à côté de lui demain tu dormiras,

Tu connaîtras la paix, finis tous tes tracas.

 

Il neige sur ton cœur et sur toutes les choses,

Ce froid qui te pénètre a plus de mille causes.

Autrefois dans ses bras tu riais des hivers

Et te moquais souvent de ses petits travers…

 

Le noir est devenu la couleur de ta vie

Et survivre sans lui, tu n’en as plus envie.

Tes souvenirs d’amour te troublent la raison !

Tu crois qu’il reviendra demain dans ta maison.  

                                   

BLANCHE MAYNADIER

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Le mari de ma femme

24 Août 2017 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

J’aime à rendre visite au mari de ma femme

Il dort au cimetière et je parle à son âme :

̶   Pourquoi,  l’as-tu  quittée ?..Avant je vivais bien,

C’est moi qui te remplace et je suis moins que rien…

 

Etais-tu ce mari, ce compagnon fidèle

Qu’à chaque instant du jour, on me cite en modèle ?…

Si tu n’étais pas mort, je serais plus heureux !

Et je vous laisserais bien vivre tous les deux.

 

Un jour je suis venu chez toi, par solitude…

Je me trouve à présent en pleine incertitude !

Si depuis peu je vis dans ton lit, sous ton toit,

Je regrette souvent d’avoir la bague au doigt.

 

Alors je viens te voir, en ce vieux cimetière

Et je te parle d’elle, assis sur cette pierre.

Faudrait-il que je meurs et sois dans un tombeau

Pour être comme toi, cet homme sans défaut.

 

BLANCHE MAYNADIER

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LE JOUR DU CHEVAL

22 Juin 2017 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

C'était un temps, ou le tiercé du dimanche était une nouveauté, commenté par le célèbre Léon Zitrone...aujourd'hui tout est jeu et les tiercés passent inaperçus....

Quand le jour du Seigneur devient jour du cheval

Et que l’on fait fortune avec un jeu légal

Qui rapporte à l’Etat plus qu’une litanie,

Aux champs, aux P.M.U. la France communie.

 

Le dimanche matin, plus de messe ou d’amour !

On fait des pronostics. C’est le bonheur du jour.

Adieu le lit douillet, les chevaux vous attendent,

Les journaux, les amis, sont là qui vous commandent.

 

Jouez le sept, le trois, le neuf ou bien le dix !

Mais prenez garde au treize il a battu le six.

Alors crayons en mains, au jeu, l’on s’abandonne !

Faut-il jouer les cracks que Bernardet mentionne ?

 

Il nous dit que le cinq vient d’un bel étalon,

Né du grand Jupiter petit fils d’Apollon.

Chacun se précipite aux dernières nouvelles

Pour connaître le poids des jockeys et des selles.

 

Enfin, les jeux sont faits, on ouvre la télé

Et monsieur, satisfait, ! cherche un gris pommelé !

Le départ est donné, pour tous, c’est le silence,

Ses chevaux sont en tête, enfin il tient sa chance…

 

Mais celui-ci dérobe, un autre tombe à l’eau

Et ce pauvre animal sera baptisé « veau ».

La journée est fichue, on préfère se taire.

Mais dimanche prochain, il faudra se refaire !

 

Blanche Maynadier

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Je veux croire en demain

31 Mai 2017 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

Blanche a très peu voyagé hors de France, et jamais en Espagne, mais sa plume poétique l'a emportée partout où sa créativité la conduisait...

 

 

Je me souviens du soir, où tu m’as dit je t’aime

En créant pour moi seule un merveilleux poème.

Nous  étions à Grenade et comme un Hidalgo

Tu m’imposais  ta loi, m’enlaçant tout de  go.

 

J’écris ton nom sais-tu sur une feuille blanche

Et  le chante à l’oiseau qui va de branche en branche.

De tous tes mots d’amour encor je me souviens

Demain si tu le veux,  ton nom sera le mien.

 

Tout suit son cours, tu vois ! Je ne suis plus rebelle

 L’amour a fait de moi cette femme nouvelle

 Tu vois sans hésiter je t’accorde ma main !

 Avec toi désormais je veux vivre demain.    

 

Blanche Maynadier

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J’attends Florestan

22 Mai 2017 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

            

     Blanche aimait les opérettes, et la charmante Véronique de Messager,  lui a inspiré ce poème, actualisé style année soixante, il faudrait aujourd'hui l'actualiser à nouveau....

L'époque a changé, les danses aussi, mais pas les histoires d'amour.... 

 

           

 

 

            Je suis Véronique

            J’attends Florestan

            Pour vivre un roman

           Tendre et romantique.

 

Je suis Véronique et toujours j’attends.

Où se cachent-ils tous les Florestans ?

J’ai déjà l’ombrelle et la balançoire

Un petit jardin, une rôtissoire

Mais j’aimerais voir,  sur mon vert gazon

Près d’un âne gris, sourire un garçon…

 

Je suis véronique et j’ai dix huit ans,

Je vis et je dors chez papa maman,

Je pense à l’amour, je pense aux voyages

Et j’aimerais bien ne plus être sage !

Je rêve de l’Inde et puis du Népal,

Tout en me coiffant pour mon premier bal…

 

Je suis Véronique et ce nom charmant,

Au dire des amis, me va comme un gant.

J’ai les yeux pervenche et la taille fine.

Pourquoi faut-il donc qu’un rien me chagrine ?

Je fais du tennis et puis du cheval

Mais mon cœur, trop vide, a souvent bien mal…

 

        Je suis véronique

        J’attends Florestan

        Pour vivre un roman

        Tendre et romantique

                         

                                    Blanche Maynadier

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Maison à vendre

27 Avril 2017 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette vieille maison avec ses colombages

Où jadis l’on voyait piaffer les attelages,

S’endort tout doucement, portes et volets clos ;

Ses derniers occupants sont au champ du repos …

 

Les fleurs et les oiseaux donnent un peu de vie

A cette ancienne ferme encore si jolie.

Les arbres, les buissons s’étirent de plaisir

Et l’herbe en liberté pousse tout à loisir.

 

La chaîne du vieux puits n’est qu’un cordon de rouille

Debout sur la margelle un roitelet gazouille.

Les poules, les canards, les coqs et les dindons

Eux aussi sont partis, comme chiens et moutons.

 

C’est une maison morte, ici tout est à vendre,

Elle sera demain à qui voudra la prendre…

Avec son grand jardin finissant en verger

Elle devrait séduire et se voir adjuger.

 

Dans l’ensemble je crois qu’elle aura fière allure

Quand sera réparé, ce trou, dans la toiture !

Il faudra de l’amour, beaucoup plus que d’argent ? …

Pour qu’ici tout revive aussi plaisant qu’avant.

 

Blanche Maynadier

 

 

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Le dernier des métiers

1 Avril 2017 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

                      

A quoi sert un poète, il faudrait me le dire,
Mais prendrez-vous le temps, seulement de me lire ?
Poète est, je le sais, le dernier des métiers
Ces travaux de l’esprit sont les plus mal payés !
 
Il se laisse emporter dans un tout autre monde
Une douce chaleur le frôle comme une onde
Un jour il se sent triste, il est là, sans ami,
Il commence une lettre et voilà pris le pli.
 
Il raconte sa vie ; il invente une histoire
Et puis cherche un lecteur à défaut d’auditoire
Il revit un voyage, en rêve, le poursuit,
Il cherche un doux visage, entrevu dans la nuit…
 
Il offre un peu de soi, pour essayer de plaire,
Et cette mise à nu n’attend pas de salaire.
Poète est, je le dis, « le plus fichu métier »
Mais il me plaît d’écrire, à quoi bon le nier…
 
Jalousie et mépris, parfois nés de l’envie
Jalonneront ma route et gâcheront ma vie.
Un sourire, un conseil, un encouragement
Me trouveront toujours en plein contentement.
 
Blanche Maynadier
 
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Le chant de mon ruisseau

18 Février 2017 , Rédigé par MARTIAL PIERRE

 
  


 

 

Entendez-vous là-bas le murmure de l’eau ?

Ce léger clapotis, c’est la voix du ruisseau

Qui passe en mon jardin et court vers la rivière,

Pour moi c’est un trésor un rien dont je suis fière.

 

Il danse sur mes mains ou caresse mes pieds,

Il arrose mes fleurs et mes deux peupliers,

Donne à boire au gazon ainsi qu’à ma colombe

Et se teinte d’argent à l’heure où la nuit tombe.

 

Je l’entends nuit et jour sans jamais me lasser.

C’est comme un chant d’oiseau rien ne peut l’arrêter.

Quand je suis près de lui mon esprit vagabonde,

Mes soucis, mes regrets, s’en vont au fil de l’onde.

 

Le murmure de l’eau c’est le bruit du bonheur

Qui monte de la terre et nous laisse rêveur ?

Il me parle et m’enchante, il respire la vie !

Et je crois qu’il comprend que je suis son amie.

 

Mais son joyeux refrain change parfois de ton,

Cela dépend du temps et puis de la saison.

Il s’enfle sous l’orage et gronde de colère ;

Je l’ai vu sous la glace un jour d’hiver se taire !

 

Il était triste à voir sans vie et prisonnier.

On l’aurait même pris pour un petit sentier.

Aujourd’hui c’est l’été, la nature est en fête.

Il veut que près de lui chacun de nous s’arrête.

 

 

 

Blanche Maynadier

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